Utiliser l’art dans le partage de l’évangile?

Les musées du Vatican sont considérés comme l’une des plus grandes et des plus somptueuses concentrations muséales du monde. Ils voient défiler plus de 4 millions de

Caravaggio_-_La_Deposizione_di_Cristo
La mise au tombeau de Caravage

visiteurs par années, et on se presse des quatre coins de la planète, parfois au prix de longues heures de files d’attente, afin de pouvoir admirer ses plus de 1400 salles d’exposition. Vous pouvez y contempler des œuvres de Caravage, Michel-Ange, Raphaël, Léonard De Vinci, Van Gogh, Rodin, Matisse, Picasso et tant d’autres. Même si certains ont réalisé des œuvres pour le moins peu apologétiques (d’autres diraient pas très catholiques), il n’en reste que nombre de tableaux ont contribué à la mise en évidence de certains passages des écritures. Est-ce que, dans le partage de l’évangile, l’art est devenu un support oublié ?

L’exemple de Paul:

Dans le livre des Actes des apôtres, dans son formidable discours aux Athéniens, Paul fait référence à la culture et à l’art de l’époque pour étayer sa rhétorique:

« Car, en passant, j’ai observé tout ce qui est l’objet de votre culte, et j’ai même trouvé un autel avec cette inscription : A un dieu inconnu ! Ce que vous vénérez sans le connaître, c’est ce que je vous annonce. » Actes 17:23

« Car en lui nous avons la vie, le mouvement et l’être. C’est ce qu’ont dit aussi quelques-uns de vos poètes : Nous sommes aussi de sa race… » Actes 17:28

Ainsi, Paul ancre son discours dans la pensée populaire, ce faisant il démontre:

  • qu’il est de leur culture: ce qu’il dira aussi à d’autre reprises (Car moi aussi, je suis un citoyen romain, Actes 22.25)
  • qu’il est empathique de leurs centre d’intérêts et qu’il les comprend
  • qu’il est instruit
  • qu’il n’est pas fermé à l’art populaire de ses contemporains

Beaux-Arts:

Une fois n’est pas coutume, même le Top Chrétien y est allé de sa référence artistique afin d’illustrer le message de la pensée du jour:

ecce homo
Ecce homo, de Ciseri

Extrait d' »un puissant sauveur« , pensée du jour de John Roos:

« Né en Suisse en 1821, Antonio Ciseri était largement reconnu en tant que peintre, puisant souvent ses sujets dans la Bible. Peu avant sa mort en 1891, il acheva le tableau qui reste peut-être le plus connu, « Ecce Homo », d’après les termes latins employés par Pilate lorsqu’il présenta Jésus à la foule le vendredi saint: « Jésus sortit donc, portant la couronne d’épines et le manteau de pourpre. Et Pilate leur dit : Voici l’homme. » Jean 19.5

L’art populaire:

Il est où le bonheur, il est où? chante Christophe Maé, cri du cœur dans lequel beaucoup se reconnaissent tant la quête du bonheur est un fait universellement partagé. Jésus lui même nous livre ses béatitudes, qui se démarquent des standards de ce monde. Combien il est nécessaire aujourd’hui de rappeler que le bonheur n’est pas dans la réussite socio-professionnelle, dans les conquêtes amoureuses et les expériences sensuelles, dans l’accumulation de biens et de richesses ou dans la consommation d’alcool et de stupéfiants, mais qu’au contraire il est à trouver dans la douceur et l’humilité de cœur, dans la consolation du Père, dans la paix et la vie en abondance que seul Jésus peut donner (Matt. 5; Jean 14.27; Jean 10.10)

Quoi de plus normal, dès lors, que ce thème du bonheur soit abordé dans les églises?

C’est ce qu’à fait récemment le Pasteur Éric Maréchal, en commençant sa prédication en diffusant ce cri du cœur populaire (vidéo Christophe Maé, Il est où le bonheur):

Quelle meilleure manière d’aborder le sujet tout en captant l’attention de l’auditoire qui entend l’évangile peut-être pour la première fois? Comment créer des liens dans le cœur des personnes, autrement qu’en appuyant notre message sur leurs préoccupations quotidiennes, par le moyen d’images familières? Paul aujourd’hui n’aurait-il pas discouru de la sorte: « Il est où le bonheur, il est où? ainsi chantent vos troubadours et ménestrels (référence un peu anachronique il est vrai), hé bien ce bonheur que vous recherchez, c’est celui que je vous annonce! » L’intérêt étant ainsi suscité, la bonne nouvelle peut maintenant être prêchée.

L’art pour les enfants:

Les dessins animés « La vie » ont marqué toute une génération et tendaient à illustrer de manière ludique et attrayante une réalité probablement trop complexe que pour pourvoir Il était une fois... la vieêtre partagée aux enfants uniquement par le discours! D’ailleurs, une image ne vaut-elle pas mieux qu’un long discours? Les éducateurs du catéchisme ou de l’école du dimanche l’ont compris, et pléthore d’illustrations bibliques animées y sont utilisées. La bible a inspiré d’ailleurs les studios Dreamworks (Le Prince d’Egypte ou Joseph, roi des rêves). Plus récemment, la société OneHope a développé une app biblique animée et interactive afin de partager l’évangile aux enfants, leur but étant de rendre l’application disponible et traduite pour tous les pays du monde d’ici 2030.

Alors utilisons l’art!

L’art s’exporte au delà des portes de l’église et permet de planter un ancrage dans le quotidien des gens, de construire un pont de la culture biblique vers la culture populaire (et inversement), de parler tout simplement un langage que les gens comprennent.

Aujourd’hui encore, l’utilisation de l’art, même populaire, demeure une formidable opportunité de présenter l’évangile.

Une réflexion au sujet de « Utiliser l’art dans le partage de l’évangile? »

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