Le Prince vert, du Hamas aux services secrets israéliens

« Une histoire hors du commun », c’est le moins que l’on puisse conclure après la lecture du livre « Le Prince Vert » (Titre original: Son of Hamas), nom de code donné par le Shin Beth (les services secrets israéliens) à Mosab Hassan Youssef, fils du Cheikh Hassan Yousef (membre fondateur du Hamas).

Voici quelques extraits:

« Les israéliens imaginaient qu’en arrêtant un dirigeant du Hamas, les attentats orchestrés par l’organisation s’arrêteraient. Mais ils n’ont jamais fait l’effort de vraiment se demander ce qu’était le Hamas et qui le composait. Et il leur fallu beaucoup d’années, des années douloureuses, avant de commencer à comprendre que ce n’est pas une organisation au sens où on l’entend habituellement, avec des règlements et une hiérarchie. C’est un fantôme. Une idée. Or on ne détruit pas une idée; on ne fait que l’exalter. »

« J’ai reçu un exemplaire du nouveau testament et commencé ma lecture. « Ce Jésus est très fort! Tout ce qu’il dit est vraiment beau » me suis-je dit. Je n’ai pas pu reposer ce livre. On aurait dit que chaque verset mettait le doigt sur une blessure profonde de mon existence. Le message était très simple, mais il avait l’étonnante faculté de m’apporter de l’espoir et de réconforter mon âme. Puis j’ai lu ceci: « Vous avez appris qu’il a été dit: Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Mais moi, je vous dit: Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux (Matth. 5: 43-45). » C’était exactement ça! Ces quelques paroles m’ont foudroyé. »

« Je me suis demandé ce que feraient les Palestiniens si Israël venait à disparaître…nous continuerions à nous battre, pour rien, pour une fille sans foulard sur la tête, pour déterminer qui est le plus dur, le plus important, qui établirait les règles et qui aurait la meilleure place. »

« 25 juillet 2000, sommet de camp David réunissant Bill Clinton, Yasser Arafat et Ehud Barak. Barak offre à Arafat près de 90% de la Cisjordanie, l’ensemble de la bande de Gaza et Jérusalem-Est comme capitale d’un Etat Palestinien… Cette proposition représentait pour notre peuple rompu à toutes les souffrances une chance historique, dont bien peu de Palestiniens auraient osé rêver. Mais pour Arafat c’était encore insuffisant. Il était devenu le symbole international du statut de victime, et il n’avait aucune intention de renoncer à ce rang pour s’atteler à l’édification concrète d’une société fonctionnelle. Ce rejet a été une catastrophe historique pour son peuple… Yasser Arafat n’a jamais caché son aspiration à figurer en héros dans les livres d’histoire. Mais en l’observant, je me disais: « Oui il entrera dans les livres d’histoire, mais plutôt comme le traître qui a vendu son peuple pour s’offrir une parade sur ses épaules. Un anti-robin des bois coupable d’avoir détroussé les pauvres pour s’enrichir. Comme un cabotin de seconde zone, qui a payé du sang palestinien sa place sous les projecteurs. »

Une biographie qui n’en est en fait que le début, comme il le décrit dans les premières pages: « A l’instar de celle du Moyen-Orient, l’histoire du prince vert est en cours. »

Pour les amateurs, un documentaire a également été produit : « The Green Prince » disponible sur Netflix.

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